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DIVINATION

La divination est l'art occulte de découvrir ce qui est inconnu : l'avenir, le caché, le passé, les trésors, les maladies invisibles, les secrets, les mystères..., et cela par des moyens non rationnels : analogiques, kabbalistiques, psychédéliques, magiques, métapsychiques. Ceux qui la pratiquent posséderaient une connaissance paranormale de deux inconnus : l'avenir (précognition) et le caché (cryptesthésie) ; ainsi qu'une multitude de procédés, spontanés ou codifiés, traditionnels ou modernes, populaires ou savants, licites ou interdits
pour y a
ccéder : astrologiecartomanciesortilègessongesboule de cristal, etc. ; chacun de ces procédés est un art divinatoire à l'intérieur de la « science divinatoire » (une pseudo-science selon la méthode scientifique).

HISTORIQUE

L'astrologie remonte sans doute à la préhistoire, en tout cas aux Mésopotamiens.

La croyance des anciens Grecs en la possibilité de prédire l'avenir provient de l'idée que les dieux, de préférence quand on les priait, accordaient régulièrement des révélations par l'intermédiaire d'augures. Homère présente de grands voyants : Tirésias, Calchas, Cassandre. La Pythie de Delphes joue un rôle considérable dans la vie politique et religieuse. Dès Pythagore, les nombres servent à connaître le secret du monde. Artémidore d'Éphèse a laissé un traité sur la clef des songes demeuré classique : Onirocritique (iie siècle).

Les croyances des Grecs furent partagées par les Romains et subsistèrent jusqu'à la fin du paganisme. Varron (1er siècle av. J.-C.), le premier, et de façon trop systématique, distingue les divinations selon les Éléments : géomancie (Terre), hydromancie (Eau), aeromancie (Air), pyromancie (Feu).


Avec le christianisme, l'interdiction arrive. L'empereur romain Constance II, en 341, condamne à la peine capitale les devins.

 

Le concile d'Agde, en 506, a regroupé dans la science divinatoire (divinationis scientia) les augures, les sorts, les songes. Isidore de Séville, dans ses Etymologies (VIII, 9) assimile divination et magie, et il énumère les spécialistes : haruspices (par les entrailles des victimes), augures (par les éclairs, les oiseaux), pythonisses, astrologues, jeteurs de sorts.
Le 4 ° concile de Tolède, présidé par Isidore de Séville en 633, distingue quand même les magiciens des devins (aruspices, arioli, augures, sortilegi).

Dès le xe siècle ou dès le VIII° avec Bède le Vénérable, la divination par pronostics, d'après le jour des calendes de janvier ou d'après le jour où tombe Noël. Il existe des pronostics d'après le jour du mois lunaire, indiquant quoi faire ou ne pas faire tel jour (astrologie hémérologique) ou quel est le destin et le caractère de la personne, homme ou femme, née ce jour-là (astrologie physiognomonique).

Plus chrétiens sont les sortes sanctorum (les sorts des saints), livres comportant une liste de 56 réponses dont chacune est précédée de chiffres.

 

La physiognomonie se développe surtout avec Michel Scot (Physionomia, avant 1230), Pietro d'Abano (Liber compilationis phisionomie, 1295), Michel Savonarole (Speculum phisionomie, vers 1450), mais le grand auteur reste Lavater (La physiognomonie, 1775-1778).

 

Hugues de Saint-Victor, vers 1135, dans son Didascalicon, distingue cinq types de magie, dont deux divinations : la mantique, les mathématiques. La mantique regroupe la nécromancie, la géomancie, l'hydromancie, l'aéromancie, la pyromancie ; les mathématiques regroupent l'haruspicine, les augures, les horoscopes.

 

La géomancie, venue de chez les Arabes au xiie siècle, et qui consiste à interpréter les figures formées de quatre échelons de points pairs ou impairs et placés dans des cases, commence avec Hugues de Santalla (Ars geomancie), se développe grâce à Pietro d'Abano à la fin du xiiie siècle (Geomantia), à Gérard de Crémone (Géomancie astronomique).

 

En 1238 le concile de Trèves parle des procédés divinatoires, dont ceux du feu, du glaive.

 

Rabelais (1532) fait pratiquer à son héros Panurge les sorts homériques et virgiliens (Pantagruel, III, chap. X et XII), l'oniromancie (chap. XIII).

 

En 1555, Nostradamus publie ses très célèbres Vraies centuries et prophéties.

 

Le pape Sixte V, en 1586, par la bulle Coeli et terrae condamne l'astrologie judiciaire, la géomancie, l'hydromancie (divination par l'eau), la pyromancie, l'onomancie (noms), la chiromancie et la nécromancie (morts).

 

"La divination par la boule de cristal semble dater seulement du XVI° s." (Gérard Chandès).

 

L'usage du Tarot dans la divination (taromancie et tarologie) semble commencer seulement à la fin du xviiie siècle (à partir d'Antoine Court de Gébelin, dans son Monde primitif, t. VIII, 1781), mais peut-être dès le xvie siècle siècle en Italie. Cependant la cartomancie est attestée plus tôt, dès le xve siècle siècle en Espagne et dès le xvie siècle siècle en Italie.

 

L'art de lire dans les taches d'encre commence tard, avec Luce Vidi (Les taches d'encre, 1937).